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Monotrope uniflore: un vieux fantôme gardien de la Forêt

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Est-ce un petit fantôme que vous rencontrerez là? Ou bien accepterez-vous plutôt l'offrande de paix proposée par cet élégant petit calumet blanc?

Assez commune, elle s'affiche de mai à septembre dans les sols forestiers bien acides.

Pour trouver ce trésor, il vous faudra baisser les yeux, ralentir le pas et payer le tribut du sang aux cousins maringouins!

Famille:     Éricacées
Genre:      Monotropacées
Espèce:     Monotropa uniflora
Français:   Monotrope uniflore
Anglais:     Indian-pipe

Du grec: "monos", seul, unique; "tropos" tour, direction; "tropein", tourner; tourné d'un seul côté.

Parfois solitaire, parfois en petits bouquets serrés qui se côtoient, cette fleur hermaphrodite, de 5-30 cm, est une petite vieille apparue il y a 65,5 millions d'années à l'ère cénozoïque (qui inclut l'ancien terme tertiaire)! Elle a suivi l'extinction des dinosaures mais nous a précédé.  Sans chlorophylle, d'une blancheur cireuse, sa tige est charnue et ses feuilles ressemblent à des écailles qui pointent vers le bas. 

Elle se nourrit de matière organique en décomposition en bonne saprophyte qu'elle est, tout comme les champignons, règne auquel elle n'appartient pas du tout. Elle s'associe tout de même à des mycorhizes (champignons inférieurs) pour obtenir ses nutriments par symbiose.   Le frère Marie-Victorin nous la partageait ainsi en 1935.

"L'apparition des Monotropes uniflores soulevant les Mousses et les aiguilles roussies est l'une des merveilles de l'été dans la forêt canadienne. Les tiges sortent généralement en groupes serrés et la fleur, à ce moment, est complètement tournée vers le sol, de sorte que tout l'effort du soulèvement est assumé par le haut de la hampe. La fleur se redresse par la suite et quand tombent les pétales nectarifères le fruit est complètement redressé."  

 

   


Et la plante noircit, s'assèche. Elle finit en tige amincie, dure et brune, coiffée d'une capsule dressée, presque confondue avec les teintes des feuilles du tapis forestier.

Retrouvez-la aussi dans L'Encyclopédie de l'Agora.

Si d'aventure vous vous promeniez plutôt parmi les pins que les feuillus, gardez l'œil ouvert pour repérer l'espèce voisine, jusqu'en octobre: la monotrope du pin (Pine-sap) de 10-40 cm, plutôt orange et moins commune (Monotropa hypopithys; du grec, hypo, sous; pithys, aiguille; sous les pins). Apprenez-en plus chez Evelyn (anglais).

Hélène Le Gal

Sources en livres
Flore laurentienne, Frère Marie-Victorin, E. C., Ernest Rouleau et al. ; ill. par Frère Alexandre, 3e édition mise à jour et annotée par Luc Brouillet et al., Gaëtan Morin éditeur, Boucherville, octobre 1995, 1093 pages.

Les fleurs sauvages du québec, Sylvie Daigle et Pierre Daigle, tome 2, été-automne, guide d'identification, 2e édition, Broquet, Saint-Constant, 2005, 360 pages.